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USA : Enquête russe, diplomatie, commerce… Trump s’explique et s’emporte

Enquête russe, diplomatie, commerce... Trump s'explique et s'emporte
Enquête russe, diplomatie, commerce… Trump s’explique et s’emporte

Le président Trump a décidément une haute idée de l’étendue de ses pouvoirs. Dans une interview à Reuters, le président a déclaré que, s’il le désirait, il pourrait prendre la direction de l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections américaines. « Je pourrais faire n’importe quoi. Je pourrais mener l’enquête si je le voulais. Mais j’ai décidé de ne pas m’en mêler », a-t-il déclaré. Donald Trump n’a cessé depuis le début de critiquer violemment cette enquête dirigée par le procureur spécial Robert Mueller. Il l’a accusée d’être « une chasse aux sorcières » et a menacé de limoger ses responsables. « J’ai tout à fait le droit de m’impliquer si je le veux. Jusqu’ici, j’ai décidé de ne pas le faire », a-t-il ajouté.

Son avocat, Rudolph Giuliani, a, de son côté, affirmé que le président avait le pouvoir de mettre un terme à l’enquête s’il le souhaitait et qu’il pouvait sans doute limoger Robert Mueller, même si l’état-major républicain l’a plusieurs fois mis en garde contre ce genre d’action qui susciterait un énorme scandale. Mais peut-il diriger lui-même une enquête qui vise à déterminer s’il a cherché à faire obstruction à la justice en limogeant James Comey, le patron du FBI, et s’il y a collusion entre ses équipes et Moscou ? C’est moins sûr.

« Piège »

Au cours de l’interview, le président a fait part de ses inquiétudes sur une éventuelle audition sous serment avec Robert Mueller. Il craint, dit-il, que ce ne soit « un piège » qui conduise à des accusations de parjure si l’on compare son témoignage avec celui d’autres personnes interrogées comme James Comey. « Si je dis quelque chose et que lui [Comey] dit quelque chose, c’est ma parole contre la sienne, et il est le meilleur ami de Mueller, donc Mueller pourrait dire : Bon, je crois Comey, et même si je dis la vérité, ça fait de moi un menteur. Ce n’est pas une bonne chose. »

Le président américain n’a pas voulu dire s’il accepterait ou non d’être interrogé par le procureur et a refusé une nouvelle fois d’accuser la Russie d’ingérence dans les élections de 2016, malgré les preuves accablantes rassemblées par ses services de renseignements.

Satisfecit

En politique étrangère, Donald Trump a jugé « probable » une nouvelle rencontre avec Kim Jong-un, le leader nord-coréen. « Je l’aime bien, il m’aime bien. » Il s’est félicité d’avoir fait bien plus de progrès en « trois mois » de travail que ses prédécesseurs en trente ans. « J’ai stoppé les essais nucléaires [de la Corée du Nord]. J’ai stoppé les essais de missiles », a-t-il clamé. Dans les faits, les négociations n’ont pas avancé et il n’y a pas vraiment de signes selon lesquels Corée du Nord serait prête à négocier l’abandon de son arme nucléaire. Selon les responsables américains, des images satellites montrent un regain d’activité dans les usines qui fabriquent des missiles.

Donald Trump, en revanche, n’a « jamais dit » qu’il souhaitait rencontrer les dirigeants iraniens. « Si [le président iranien Hassan Rohani] veut que l’on se rencontre, soit. S’il ne veut pas, je m’en fiche. […] Je n’ai pas demandé à le voir. »

Il s’est montré dur sur la Turquie, affirmant qu’il « n’y aura pas de concession » en échange de la libération d’un pasteur américain accusé de terrorisme par Ankara. Quant à sa rencontre avec Vladimir Poutine, « Ce sont seulement les fake news qui l’ont critiquée… Nous avons eu un très bon entretien de près de deux heures. » Poutine ne lui a pas demandé de lever les sanctions et le président américain « n’envisage pas de le faire ».

Guerre commerciale

Il s’est montré peu optimiste sur l’issue des discussions commerciales avec la Chine cette semaine à Washington. « Je m’attends à ce qu’il n’en sorte rien ». Il a déclaré qu’il ne prévoyait pas de date butoir aux négociations. « Je suis comme eux, j’ai un horizon à très long terme. » Les États-Unis ont décidé d’augmenter les droits de douane sur plus de 1 000 produits importés. Cette semaine, une hausse des taxes sur 16 milliards de marchandises en provenance de Chine doit entrer en vigueur et Trump menace d’imposer d’autres droits de douane sur 200 milliards d’importations. Il a réitéré ses attaques accusant les Chinois de manipuler leur devise, tout comme d’ailleurs les Européens.

Il s’en est pris également à la Réserve fédérale américaine et à son président Jerome Powell, qu’il a lui-même nommé. Il s’est dit « peu ravi » de sa hausse des taux d’intérêt. « Est-ce que je suis content de mon choix ? » a-t-il dit en parlant de Powell. « Je vous le dirai dans quatre ans, dans sept ans. » Jusqu’ici, l’indépendance de la Fed était sacro-sainte et les présidents américains évitaient de la critiquer, mais Donald Trump ne se gêne pas. À la suite de ses déclarations, la Bourse américaine a baissé.

« Censure »

Il a enfin attaqué les réseaux sociaux, les accusant de censure. « Quand ils enlèvent certains individus sur Twitter ou Facebook… c’est très dangereux, car ça pourrait être vous demain », a-t-il dit. Donald Trump, la semaine dernière, a critiqué, via une série de tweets, les réseaux sociaux, clamant – sans preuve – que certains groupes « faisaient une discrimination totale contre les voix républicaines-conservatrices » et que « trop de voix étaient détruites, certaines bonnes, d’autres mauvaises ».

Apple, YouTube et Facebook ont récemment supprimé des messages du groupe d’extrême droite Infowars qui fourmille de théories du complot délirantes, arguant du fait qu’ils violaient les règles de conduite des sites. Alex Jones, son patron, prêche la haine et la violence, et a, par exemple, déclaré que le massacre de l’école primaire de Sandy Hook dans le Connecticut en 2012 n’avait pas eu lieu et que les enfants étaient des acteurs. Twitter, après beaucoup d’atermoiements, a fini par suspendre le compte d’Alex Jones, mais temporairement seulement.

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