Sud-Kivu/covid 19: les mesures drastiques suscitent un tollé à Bukavu

Dans un point de presse tenu par le gouverneur du Sud-Kivu à son cabinet de Nyamoma ce 8 avril 2020, Théo KASI NGWABIDJE confirme le troisième cas du coronavirus testé positif dans la province du Sud-Kivu. Pour mettre fin à la propagation de cette pandémie, Théo KASI met en oeuvre certaines mesures préventives:

  1. Il interdit aux journalistes de diffuser avant son approbation, le résultat du bulletin de l’INRB en lien avec la contamination au Sud-Kivu,
  2. Les personnes âgées de plus de 50 ans, sont invitées à rester tous à la maison à dater de ce 13 avril,
  3. Le port obligatoire de cache-nez dans toute la ville de Bukavu et ses environs.

L’application de ces mesures sera rassurée par les services de sécurité à partir de ce 13 avril.

Les propos du gouverneur suscitent un tollé dans la ville de Bukavu.

Au lendemain de ce point de presse, le numéro 1 (provincial) de L’UNPC (Union Nationale de la Presse au Congo), Mr Darius KITOGA, réuni les chevaliers de la plume et du micro. Au nom de la presse du Sud-Kivu, Darius fustige avec force, le comportement du gouverneur de vouloir prendre en otage la presse sud-kivutienne. Il renchérit son message en disant qu’il ne revient pas au gouverneur de censurer le journal dans la province.

”Tout journaliste, est invité à exercer son métier dans la liberté et transparence: récolter les données, traiter les données et les diffuser selon la ligne éditoriale de sa maison de presse”. A t-il rappelé.

De l’autre coté, 48 heures plus tard, la société civile provinciale a témoigné son indignation à l’endroit des propos du gouverneur. Celle-ci rappelle à l’autorité provinciale que ‘diriger c’est prévoir‘. Avant de prendre des mesures, il est impérieux de réfléchir un peu sur son impact dans la société, a t-elle souligné

Ainsi, cette structure citoyenne se pose plusieurs questions à ce sujet:

  1. Le gouvernement provincial a-t-il mis des masques à la portée de sa population?
  2. Comment les démunis trouveront-ils ces masques?
  3. Les agents de sécurité seront-ils eux-mêmes en cache-nez?
  4. Le gouvernement provincial sera-t-il à même de prendre en charge le confinement obligatoire des personnes de troisième âge?

La société civile fustige aussi le contexte dans lequel la ville de Bukavu à été isolée de ses territoires.

Cette panoplie des questions laisse curieuse la population bukavienne qui a une soif inextinguible de vivre l’exécution de ces mesures drastiques.

Moïse BIN NGIMBI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »