Rdc: Le cacao, victime de l’insécurité à l’Est du pays.

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Connue pour ses exportations de cobalt et de cuivre, ainsi que pour ses réserves d’autres minerais, la République démocratique du Congo est aussi un pays aux potentialités agricoles immenses, notamment pour le cacao. Mais il figure dans les profondeurs du classement des producteurs de l’or brun, qui est essentiellement cultivé dans l’Est du pays.

La Province du Nord-Kivu s’est mise à la cacao-culture il y a une vingtaine d’années. Une partie de sa production est exportée vers l’Europe par la COPAK, la Compagnie des produits agricoles du Kivu. Le tonnage ne cesse d’augmenter, explique Dimitri Moreels, responsable de la COPAK. « C’est une culture pérenne qui a été très appréciée par les producteurs locaux et aujourd’hui, la production et l’exportation augmentent de manière significative. En termes de chiffres, nous allons probablement arriver cette année à 20 000 tonnes d’exportation cacaoyère, ce qui en fait le produit le plus important dans la région. ». 20 000 tonnes contre une production de 5 000 tonnes, il y a 5 ans. Selon une recherche faite par la rfi en 2018

La production agricole victime de l’insécurité dans plus d’un territoire en RDC

L’insécurité de ces dernières années à l’Est du pays, non seulement qu’elle oblige les habitants à fuir leurs villages, empêche aussi les gens d’aller dans leurs plantations, selon ce producteur, qui veut rester anonyme : «on pouvait encore aller cultiver dans la partie Ouest de Beni comme à l’Est l’ennemi tuait les gens, mais aujourd’hui l’insécurité est partout, nous ne partons plus même dans nos plantations situées à l’Ouest et cela à cause de la présence de groupe rebelles comme les ADF, et les mai-mai qui nous égorgent, toutes productions périssent aux champs pendant nous mourrons de la faim »

Ce cultivateur n’est pas le seul dans ce cas, d’autres exploitations de cacao ont été abandonnées à cause de la même situation. Et pour les fèves récoltées, la petite production congolaise commence à se faire de la place sur le marché international, selon Dimitri Moreels. « Notre produit commence de plus en plus à être apprécié par l’industrie cacaoyère. On est une nouvelle origine, donc on n’est pas encore très connu, mais on essaye de se faire connaître sur le marché international et ça semble réussir. C’est dû entre autres à la qualité qui est produite, on aimerait que la sécurité soit permanente dans toute les zones où le cacao est cultivé »

Pour rappel, au Congo-Kinshasa, les décideurs publics négligent encore la filière cacao, et cela fait que les agriculteurs qui sont dans ce secteur soient dans une pauvreté extrême en dépit de la quantité produite.

Prince Bagheni

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