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Maroc : les mesures-chocs de Mohammed VI en faveur de la jeunesse

Maroc : les mesures-chocs de Mohammed VI en faveur de la jeunesse
Maroc : les mesures-chocs de Mohammed VI en faveur de la jeunesse

« Nous ne devons plus accepter que notre système éducatif fonctionne comme une machine à fabriquer des légions de chômeurs, surtout dans certaines filières universitaires dont les diplômés, tout le monde le sait, peinent énormément à intégrer le marché de l’emploi. » Cette phrase-là, le roi Mohammed VI l’a prononcée avec une intensité toute particulière. C’était à l’occasion du traditionnel discours prononcé à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, le 20 août. Le sujet, il est vrai, tient à cœur au monarque.

Un diagnostic des plus sévères pour le Maroc

Ce n’est bien sûr pas la première fois que Mohammed VI aborde la question. Dans son discours d’ouverture du Parlement, le souverain avait déjà souligné la nécessité de placer les questions de la jeunesse au cœur du nouveau modèle de développement. Plusieurs propositions de projets et réformes ont bien été formulées, mais les effets n’ont pas été ressentis. Cette fois-ci, quelque chose semble avoir changé. Sûrement que la crise sociale qui se prolonge depuis la fin du printemps à travers les mouvements de boycott menés depuis les réseaux sociaux, et la crise politique qui se joue à travers le « Hirak » y sont pour quelque chose.

D’autant plus qu’un récent rapport officiel du Conseil économique, social et environnemental (CESE) pointe le « fossé vertigineux » qui sépare les 11 millions de jeunes Marocains du reste de la population. Décrochage scolaire, chômage, emplois peu qualifiés, bas salaires, absence de couverture sociale… Les jeunes de 15-34 ans, qui représentent un tiers de la population, sont les grands oubliés de la croissance. Les chiffres sont préoccupants : le décrochage scolaire concerne deux jeunes Marocains sur trois, le taux de chômage avoisine les 20 %, la moitié de ceux qui travaillent occupent des postes à bas salaires et 75 % n’ont aucune couverture sociale, dans un pays porté par une croissance favorable de 4 % (contre 1,2 % en 2016).

Le diagnostic établi par le souverain est lui aussi sans appel : « En fait, l’insertion socioprofessionnelle n’est pas un privilège accordé aux jeunes. Car chaque citoyen, quel que soit le milieu dont il est issu, a droit aux mêmes opportunités et aux mêmes chances d’accès à un enseignement de qualité et à un emploi digne  », observe le souverain, s’étonnant que les universités et autres instituts de formation soient devenus des machines à produire des chômeurs. « En effet, un jeune ne peut être appelé à jouer son rôle et à remplir son devoir sans avoir préalablement bénéficié des opportunités et des qualifications nécessaires. À ce jeune, nous devons offrir du concret, particulièrement en termes d’enseignement, d’emploi, de santé et dans bien d’autres domaines. » Il faut souligner que les offres de formation du royaume sont en totale inadéquation avec le marché de l’emploi. Une formation pléthorique et coûteuse qui ne répond pas non plus aux attentes des jeunes. Le discours ambiant auprès de la jeunesse marocaine est donc comme dans le reste du Maghreb celui de l’émigration. Un fléau pour le pays, selon Mohammed VI, « lorsqu’un grand nombre de jeunes, notamment parmi les hauts diplômés des branches scientifiques et techniques, pensent émigrer, ils ne sont pas uniquement motivés par les incitations alléchantes de la vie à l’étranger. Ils envisagent cette éventualité aussi parce qu’ils manquent dans leur propre pays d’un climat et de conditions favorables à la vie active, à la promotion professionnelle, à l’innovation et à la recherche scientifique ».

Permettre une meilleure adéquation entre formation et emploi

En clair, la formation et l’emploi doivent être au cœur de l’action gouvernementale. Le souverain annonce le lancement avant la fin de l’année d’une rencontre entre les différents acteurs du monde de la formation et des jeunes afin de trouver ensemble des stratégies de transformation du secteur. C’est la formation professionnelle qui va bénéficier d’une refonte totale en vue de répondre aux besoins des entreprises et du secteur public. Ce n’est donc pas un hasard si, le même jour, le roi a nommé Loubna Tricha comme nouvelle directrice de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT). C’est l’organe qui sera au cœur des futures réformes. Sa mission ? Répondre par des offres de formation concrètes aux transformations que connaissent les secteurs industriel et professionnel du Maroc.

Parmi les autres mesures annoncées par le roi figure la création d’entreprises. Les jeunes devront bénéficier de mesures d’accompagnement pour créer des petites et moyennes entreprises. En lien avec cette proposition, le roi propose de s’attaquer à un secteur qui échappe à tout contrôle : l’informel. Il appelle à « instaurer de nouveaux mécanismes permettant d’intégrer une partie du secteur informel dans le secteur formel, en assurant au potentiel humain que recèle le premier une formation adaptée et incitative et une couverture sociale et en appuyant ses projets d’auto-emploi ou de création d’entreprises ». Et enfin, Mohammed VI entend bien revaloriser l’apprentissage des langues étrangères contre l’arabisation grandissante dans les études scientifiques et techniques.

En même temps que se tenait le discours du roi, le rétablissement du service militaire obligatoire a été approuvé en conseil de gouvernement après son adoption par le conseil des ministres. Le rétablissement de la conscription douze ans après sa suppression vise notamment à améliorer « l’intégration dans la vie professionnelle et sociale » des jeunes, selon le communiqué publié par le palais royal. Le texte doit encore être débattu au Parlement en octobre. Ce dernier discours royal très attendu s’inscrit bien évidemment dans le prolongement des orientations tracées dans le Discours du trône de juillet dernier. Le social et la jeunesse sont donc désormais les deux champs prioritaires du gouvernement de Saâdeddine El Othmani.

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