«Je secourrais George Floyd au péril de ma vie, si j’étais là présent…», ces larmes de Gustave Katsuva

Je secourrais George Floyd au péril de ma vie si j’étais là présent

Par Gustave Katsuva


Je suis un jeune Congolais, vivant à Goma, c’est à des millions de kilomètres de Minneapolis, l’endroit où George Floyd a trouvé la mort. Je suis consterné par sa mort. C’est triste et horrible d’admettre que le seul délit que George ait commis, c’est sa couleur de peau. J’aimerais être là présent pour le secourir.

Je secourrais George Floyd si j’étais là présent

Si j’étais là présent à Minneapolis, le 25 mai dernier, je ne resterais pas silencieux face à ce qu’on peut qualifier de maltraitance. Je ne regarderais pas cette scène horrible sans rien faire.


La seule idée que j’aurais en tête c’est de sauver la vie de George Floyd. Et s’il fallait laisser ma peau aussi, j’accepterais de crever avec lui en risquant ma vie pour lui. Etant aussi black, je connais bien les galères et les bavures auxquelles nous avons toujours fait face.

Si j’étais là présent à Minneapolis, j’utiliserais toutes mes forces pour secourir George. Avec mon physique, je pousserais Derek Chauvin quand George criait désespérément : « Je ne peux pas respirer ! », cette action l’aiderait à prendre un peu d’air lorsqu’il était à bout de souffle. Je referais la même chose toutes les fois où George ne parvenait pas à respirer. Pour sauver sa vie, je me battrais de manière acharnée.

Si j’étais Darnella Frazier, adolescente de 17 ans ayant filmé le meurtre de George Floyd, je ne me contenterais pas seulement à prendre des vues. J’essayerais de toutes mes forces d’empêcher les exactions et les violences policières dont George était victime.

Etant une Noire, je suis la mieux placée pour savoir les violences et les brutalités que subissent les Afro-Américains aux Etats-Unis. Je dirais à ces policiers blancs racistes le fameux dicton de Langston Hugues : « Moi aussi je suis l’Amérique»,

La discrimination raciale n’a pas sa place aux Etats-Unis. Je leur rappellerais que l’amour et la paix sont les deux piliers sur lesquels repose notre nation.


Mon seul vœux serait celui de ramener George à la vie, si j’avais une baguette magique. Je remonterais le temps et je dirais à George de s’enfuir avant que ses bourreaux n’arrivent pour lui ôter la vie. Et si je m’y connaissais en sorcellerie, j’empêcherais le drame en recourant à des potions magiques.

Si j’étais là présent à Minneapolis, je n’accepterais pas que les forces de l’ordre maltraitent George. Etant un défenseur des droits humains, je rappellerais à ces 4 policiers blancs que nul ne peut être soumis à des traitements inhumains.

Je leur dirais sans ambages que la DUDH déclare à son cinquième article que «nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.» Si j’étais là présent, George serait encore en vie.

Malheureusement je n’étais pas là présent !

Comme je n’étais là présent et que je ne suis pas à mesure de ramener George Floyd à la vie, je ne peux qu’écrire ce billet de blog qui dénonce les violences et les brutalités policières contre les Afro-Américains aux Etats-Unis et ma force se limite par là. Et si chacun faisait sa part, il n’y aurait plus toutes ces violences.

Albert Einstein l’avait dit : «  Le monde sera détruit, non pas par les méchants mais par ceux qui le regardent sans rien faire. »

Ensemble, bâtissons un monde dont l’amour et la paix seront les piliers. Tous pour un monde meilleur que celui-ci, un monde uni, c’est pour cela qu’on nous appelle Etats-Unis. Ensemble, faisons de notre nation un pays où les blancs et noirs seront au même pied d’égalité, c’est l’Etat que Martin Luther King avait eu en rêve.

Par Gustave Katsuva

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