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Maison Kongo : Les rites funéraires de l’ancienne époque à nos jours, Mutiri Ndagi en parle

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Lors de la énième table Ronde de ce vendredi 18 décembre 2020 Mutiri Ndagi, initiateur de Maison Kongo et président des hauts Conseils des Communautés de la diaspora congolaise, a développé comme sujet
«les rites funéraires de l’ancienne époque à nos jours », une thématique qui paraît comme tabou pour beaucoup.

Il s’agissait d’une mise en perspective entre les traditions bantou et la pratique des funérailles dans le monde.


L’objectif étant, comme lors des autres émissions, de démontrer l’universalité d’un thème et ensuite s’étendre sur la particularité bantou et plus particulièrement congolaise.

Le live annoncé pour une durée de 1 heure a tenu les spectateurs en haleine et au bout de la deuxième heure, l’occasion ne lui était pas encore donnée d’aborder quelques traditions congolaises.

C’est furtivement que les Turumbu (Kisangani, Tshopo) et les Bashi (Kabare, Sud-Kivu) ont été évoqué. Ainsi avons-nous appris des Bashi le nom, Mushiyuma, qui trouve toute sa signification dans le thème puisqu’il est la contraction du « Mushi ayuma ci arhabola », « le mushi sèche, il ne pourrit pas ».

Des Turumbu, a indiqué monsieur Ndagi aurions-nous hérité le nom de l’établissement dit « Nganda » en lingala qui étymologiquement viendrait « Ngbanga », la hutte dans laquelle les jeunes gens étaient intitiés à la vie communautaire.

Ci-dessous l’intégralité des questions et les éléments de réponses

Quel lien avec les funérailles me diriez-vous ?

R/ Le premier est la recherche de l’immortalité et le second celui du rite et plus particulièrement des rites de passage.

Les funérailles sont un ensemble de cérémonies accomplies pour aider les survivant à passer cette étape de la vie comme d’autres rites que sont le baptême, le passage à la puberté, à l’âge adulte, les fiançailles, le mariage, la naissance et finalement la mort.

Pourquoi aider les survivants ?

R/ Parce que dit Ndagi, la mort n’a pas été suffisamment expliqué aux hommes ou plus précisément, si la Bible désigne clairement la mort comme étant le salaire du péché – péché originel d’abord puis l’état de péché qui en résulte – les autres traditions ont accueilli l’annonce de la mort sans trop comprendre les raisons.

En cela, il rappelle et ce, au début de l’émission, un mythe mettant en scène le Chien et la Chèvre, les deux messagers de Dieu qui sont venus annoncés aux hommes qu’ils allaient mourir et puis ressuscité.

Le chien a déformé l’annonce en disant bien que les hommes allaient mourir mais qu’ils n’allaient jamais ressuscité.

La chèvre est arrivée en retard pour livrer son message aux hommes qui ne le crurent pas, le message du chien ayant déjà causé chez eux un grand désespoir. Depuis ce jour, conclut le mythe, les hommes meurent et ne ressuscitent pas.

Quant au chien et à la chèvre, ils furent bannis du Ciel et condamnés à vivre sur Terre. L’un en rognant les os, l’autre en broutant l’herbe.

Après un long développement qui nous a fait découvrir la différence entre l’âme et l’esprit, quoi que je ne suis pas sûr d’avoir tout compris, Ndagi a rappelé que pendant le deuil, l’on peut traverser 5 phases : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation. Et que les rites funéraires répondent essentiellement à 3 finalités : L’apaisement du mort au moment de mourir et la reconnaissance ou le respect qu’on lui témoigne au moment de sa mort.

Et de rappeler que les rites sont destinés dans un premier temps au mourant et au mort lui-même. Ils sont centrés sur la prise en charge des survivants, les apaiser, les rassurer, leur offrir un garde-fou contre l’angoisse existentielle et également permettre l’expression d’émotions intenses et déstabilisatrices pour l’individu et pour le groupe, et finalement, les rituels, par ses mises en scène, font passer le drame du plan réel au plan de l’imaginaire, c’est-à-dire là où l’humain retrouve un pouvoir sur les choses qui autrement le débordent et le menacent à la fois dans la survie individuelle et collective. Si tout était si simple on le saurait.

En effet la modernité n’a pas dit son dernier mot, indique-t-il, et les choses évoluent au point où ce qui est ici facilement dit ne pas toujours observer dans la société. Et comme la modernité ne concerne pas que le Congo, une illustration musicale d’un chanteur français, Georges Brassens, est venu conclure la soirée en rappelant que ce n’est pas parce que le monde accélère qu’il faille oublié les traditions.

Ceux et celles qui ont suivi sont restés sur leur soif en espérant qu’une prochaine occasion sera donnée pour en apprendre davantage sur les rites funéraires des peuples Kongo

Prince BAGHENI

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